Les microplastiques, un danger pour la santé et l'environnement ?

Aujourd'hui, on ne cesse d'entendre parler de la pollution plastique. Seulement, cette pollution ne concerne pas que les déchets visibles qui dérivent sur les berges. Des particules invisibles à l'œil nu font tout aussi débat, les microplastiques. Que sont-ils exactement et pourquoi représentent-ils un problème ? Décryptage.

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Résumé de l'article en 500 caractères

Les microplastiques sont des particules de plastique de taille inférieure à 5mm. Qu'ils soient directement intégrés dans certains produits ou issus de la décomposition d'éléments plus grands, une grande majorité se retrouve dans les océans. Après ingestion par les animaux marins, ces microplastiques se retrouvent progressivement dans la chaîne alimentaire. Si certains d'entre eux sont désormais interdits, une partie reste encore autorisée, notamment dans les cosmétiques. Même si les risques pour la santé humaine ne sont pas clairement identifiés, les microplastiques sont de potentiels perturbateurs endocriniens.

Que sont les microplastiques ?

Qu'est-ce qu'un microplastique et où le retrouve-t-on ?

Un microplastique est une particule de plastique de dimension inférieure à 5mm. Cette taille peut parfois atteindre seulement quelques centaines de nanomètres. Pour vous donner une idée, cela correspond à une épaisseur 70 fois plus petite que celle d'un cheveu.

Les microplastiques se retrouvent principalement dans l'air, la terre, les cours d'eau et les océans. Ils peuvent être ingérés par des poissons ou des oiseaux de mer. Mais ce sont l'ensemble des espèces marines qui peuvent l'ingérer, allant des plus petites comme le zooplancton aux plus grandes comme la baleine.

Une part non négligeable des microplastiques retrouvés dans l'environnement provient des produits cosmétiques. En effet, les microplastiques y sont présents dans les gommages, les dentifrices, les gels douche ou encore les produits de maquillage en tant que granulés ou agents liants.

Quels sont les différents types de microplastiques ?

Les microplastiques peuvent être divisés en deux catégories selon la source dont ils proviennent.

Les microplastiques primaires sont directement rejetés dans l'environnement sous forme de particules. On estime actuellement qu'ils représentent entre 15 et 31% de la totalité des microplastiques des océans. Parmi ces microplastiques primaires, 35% proviennent du lavage des vêtements synthétiques du fait de leur présence dans ces matières synthétiques tandis que 28% sont issus du frottement des pneus sur les routes. Enfin, 2% proviennent de certains cosmétiques dans lesquels ils sont ajoutés volontairement.

Les microplastiques secondaires sont issus de la dégradation ou de la transformation d’objets plastiques plus grands déjà en mer comme les sacs ou les bouteilles. Après une immersion dans l'eau et une exposition au soleil prolongée, ces déchets se dégradent en morceaux plus petits pour finalement former des microplastiques. Les microplastiques secondaires représentent entre 70 et 80% des microplastiques retrouvés dans les océans.

Pourquoi les microplastiques sont-ils utilisés en cosmétique ?

Parmi les microplastiques primaires, on retrouve ceux ajoutés volontairement dans des produits cosmétiques. Polyvalent, peu coûteux et très résistant, le plastique est très apprécié des fabricants et industriels. En plus de ces différents atouts, le plastique sert aussi à créer des formules avec une plus grande sensorialité.

L'exemple le plus classique est celui des microbilles de plastique, aujourd'hui interdites, qui étaient présentes notamment dans certains gommages. Un autre exemple, le silicone. Dérivé du plastique, il est très utilisé dans des produits de soin comme les après-shampoings. Cet ingrédient fait du bien à nos cheveux... mais seulement à court terme ! Il comble les trous des écailles des cheveux. Cela donne une impression de rendu lisse après utilisation. Mais c'est une fausse impression puisqu'il masque les brèches en recouvrant les cheveux d'une petite couche de plastique.

2% des microplastiques retrouvés dans les océans proviennent de certains cosmétiques dans lesquels ils sont ajoutés volontairement.

En quoi les microplastiques sont-ils nocifs ?

Pourquoi les microplastiques sont-ils nocifs pour l'environnement ?

On ne le cache pas, le plastique pollue. Sa fabrication nécessite l'extraction de pétrole. La transformation du pétrole en plastique demande l'utilisation de nombreux additifs qui sont souvent rejetés dans la nature.

Les microplastiques ne sont pas biodégradables. Selon l’ECHA (agence européenne des produits chimiques), 145 000 tonnes de microplastiques seraient utilisées chaque année dans l’Union Européenne. Les Nations Unies ont déclaré en 2017 que l'océan contenait actuellement 51 trillions de particules, ce qui représente 500 fois plus que le nombre d'étoiles dans notre galaxie.

Aujourd'hui, on estime que près de 10% des plastiques produits depuis leur invention en 1950 auraient fini dans les océans. Ils flottent à la surface, naviguent à différentes profondeurs ou se déposent sur les fonds marins.

La faune marine est également touchée puisque l'absorption des microplastiques par les animaux est nocive pour leur santé. Par exemple, ces microplastiques peuvent être des perturbateurs endocriniens et nuire à la reproduction.

Pourquoi les microplastiques sont-ils nocifs pour la santé ?

Une fois dans l'océan, un microplastique y reste plusieurs siècles. Les animaux marins ne font pas la différence entre leur nourriture et les particules de plastique. Après ingestion de ces microplastiques, ils ne sont pas excrétés naturellement. Tous ces animaux marins rentrent ensuite dans la chaîne alimentaire avant de finir dans nos assiettes. Le microplastique devient un aliment universel. Certaines particules ont même été retrouvées dans du lait ou même de la bière.

Même si l'impact des microplastiques sur la santé humaine n'est pas encore connu, ils contiennent des additifs qui sont potentiellement nuisibles pour les animaux ou les humains qui les ingèrent. Si les microplastiques peuvent être des perturbateurs endocriniens, ils peuvent aussi agir comme des aimants pour les toxines environnementales. Cela veut dire que de nombreuses substances toxiques peuvent s'accumuler sur leur surface.

Quelles sont les solutions pour réduire les microplastiques ?

Y a-t-il une réglementation sur l'usage des microplastiques en cosmétique ?

À cause de la pression des différents lobbys industriels, la suppression des microplastiques des produits cosmétiques avance doucement. En France, la Loi pour la Biodiversité a interdit en 2018 les microbilles de plastique dans tous les cosmétiques, que l'on retrouvait notamment dans les produits exfoliants ou rincés à fonction de nettoyage. Il s'agissait donc uniquement de supprimer les microplastiques "visibles".

Au niveau européen, l'harmonisation n'est pas non plus encore de mise. L'ECHA (agence européenne des produits chimiques) tente de restreindre l'utilisation des microplastiques à l’ensemble de l’Europe. En janvier 2019, elle a déposé une proposition de restriction entrant dans le cadre du règlement européen Reach. Ce projet souhaite interdire la mise sur le marché des produits contenant des microplastiques ajoutés volontairement, mais uniquement s'ils présentent un risque de rejet dans l’environnement. En juin 2020, le SEAC (comité d’analyse socio-économique) et le RAC (comité d’évaluation des risques) ont adopté l’opinion de l’ECHA. Et maintenant, il ne manque plus que la consultation du projet par la Comission européenne.

Comment réduire la prolifération des microplastiques ?

Pour réduire les microplastiques, on peut commencer par modifier notre manière de consommer. Aujourd'hui, en France, seuls 14% des emballages en plastique sont triés et 10% vraiment recyclés. Pour réduire la consommation de plastique, plusieurs possibilités s'offrent à nous. L'achat en vrac, le choix de l'eau du robinet plutôt qu'en bouteille, le passage au shampoing solide sont par exemple des solutions.

Au-delà de la consommation individuelle, c'est au niveau des industries que des changements doivent apparaître afin de réduire les microplastiques primaires. Mis à part le secteur de la cosmétique, il y a aussi les domaines de l’industrie textile et de la mode, dont la prise de conscience s’effectue progressivement. Les fabricants doivent changer leur vision et utiliser plus de fibres naturelles comme le lin ou le chanvre plutôt que des matières synthétiques.

Quelles sont les pistes scientifiques d'élimination des microplastiques ?

Même si actuellement, il est impossible de supprimer les microplastiques déjà présents dans les océans, des chercheurs du Laboratoire d'océanographie microbienne (Lomic) de Banyuls-sur-Mer en Pyrénées-Orientales essaient de trouver une solution.

Les microplastiques sont des particules non biodégradables. Les chercheurs du Lomic tentent donc de favoriser une biodégradation. L'une des pistes envisagées est celle d'enzymes qui pourraient "manger" le plastique. Ces enzymes seraient capables de couper les particules de plastique afin de les déstructurer et accélérer leur dégradation.

Les scientifiques sont aujourd'hui à la recherche de bactéries ou de champignons dans l'environnement marin qui pourraient dégrader les microplastiques. Mais il y a encore un long chemin à parcourir.

Conclusion

Les microplastiques sont responsables d'une pollution croissante et peuvent représenter un danger pour la santé humaine. Si vous aussi, vous souhaitez réduire la pollution microplastique, vous pouvez faire attention à l'étiquettage des produits cosmétiques ou encore réduire vos emballages plastique.

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