8 questions à Shonnead Dégremont – Fondatrice de la marque de lingerie menstruelle – Petites Culottées

Résoudre la précarité menstruelle – permettre aux femmes de vivre leurs règles sereinement

Curieux d'en savoir plus sur la marque de lingerie qui affole le monde de l'hygiène féminine depuis quelques années, nous sommes allés à la rencontre de Shonnead Dégremont, fondatrice de Petites Culottées. Extraits.

Hello Shonnead, qui es-tu ?

Je m’appelle Shonnead j’ai 26 ans et je suis la fondatrice de la marque de lingerie menstruelle Petites Culottées. J’insiste sur ce point, c’est une marque de lingerie avec un véritable univers avant d’être un produit paramédical [rires]

Comment en es-tu arrivée là ?

Tout a commencé pendant mes études en école de commerce. Je faisais mes courses au supermarché avec mon père, et je suis tombée sur un mari qui jette des couches à la tête de sa nana, en lui disant « n’oublie pas tes couches ».

Sur le moment je n’ai pas très bien compris où il voulait en venir. En fait, cette personne venait d’accoucher et elle avait des fuites et elle était obligée de porter des couches. On ne m’avait pas dit à l’époque, mais après un accouchement ça peut vite virer à l’écoulement à gogo. Pendant 1 mois c’est l’enfer, ton périnée est carrément KO. Cette femme était non seulement obligée de porter des couches, mais aussi d’encaisser les remarques désobligeantes de son mari. On se rend moins compte aujourd’hui mais les règles, les fuites urinaires tout ça il y a encore 5 ans c’était encore super tabou.

C’est comme ça que l’idée des Petites Culottées est arrivée ?

Pas tout à fait. J’étais encore jeune. Mais du coup j’ai quand même été curieuse d’aller faire un tour au rayon serviettes hygiéniques / tampons pour voir les alternatives. Et là grosse douche froide, c’était tout le temps du jetable. Mais ce qui a vraiment changé la donne, ce sont mes deux voyages étudiants au Maroc et en Russie. Dans ces deux pays la place de la femme est super controversée.

Au Maroc elle n’ont souvent pas le droit d’utiliser des tampons du fait de la religion, elles sont obligées d’utiliser des serviettes jetables et avec la chaleur ça crée des macérations. En Russie c’est presque pire avec le problème du gel sur les parties intimes. C’est là que le projet a vraiment commencé à mijoter dans mon cerveau. Je me suis rendue compte que mes copines dans ces pays-là n’avaient le droit de vivre pleinement et sereinement leur féminité. Ça a rythmé toute ma vie étudiante. Je bossais tout le temps sur mes culottes. J’étais habitée par la volonté de créer une marque qui permette aux femmes de vivre sereinement et sans tabou les périodes délicates. Je ne veux pas être réduite à porter des couches !

Une marque que tu as lancée pendant tes études ?

Oui, j’ai lancé la marque 5 mois avant mon diplôme. Je voulais faire quelque chose d’intelligent pour la planète, mais aussi qui corresponde à toutes les femmes, quelle que soit leur morphologie. Après m’est venue la volonté de faire de la fabrication française. D’ailleurs, j’ai fait tout mon mémoire sur la fabrication française et les certifications et labels autour du Made in France. On a un vrai savoir-faire et des qualités incroyables en France.

Les barrières les plus compliquées à surmonter ?

Au moment du lancement ça s’est plutôt bien passé. Les mœurs ont beaucoup évolué depuis 5 ans. Avant les règles c’était un vrai sujet tabou, personne n’en parlait. Certaines personnes m’ont même dit que ça ne marcherait jamais comme projet. Une marque de lingerie pour les périodes délicates, ça relevait plus de l’utopie qu’autre chose pour certains ! Aujourd’hui je vends des milliers de modèles chaque mois. Comme quoi …

Aujourd’hui, quelle est ta mission, qu’est-ce qui t’anime au quotidien ?

Je veux permettre aux femmes de se sentir à l’aise dans leur corps et dans leur esprit, tout en prenant en compte le monde qui les entoure. C’est important d’agir pour son corps, mais aussi à notre échelle pour la planète en réduisant le jetable. Plein de petites personnes qui changent c’est le monde qui change. En fait c’est un double challenge vraiment ambitieux : au niveau de la femme c’est hyper chiant d’avoir ses règles, c’est compliqué à gérer, mais l’écologie c’est un combat tout aussi important.

J’ai envie que les femmes puissent vivre des journées normales même pendant leurs règles, ou avec des fuites urinaires sans produire des montagnes de déchets. Un tampon ça met quand même 500 ans à se dégrader. Et puis il y a beaucoup de pays dans le monde notamment en Afrique où la précarité menstruelle est réelle.

Les atouts de ta marque ?

C’est une marque de lingerie avant d’être un produit paramédical. Toutes mes collections sont uniques, avec des modèles comprenant des broderies et dentelles spécifiquement dessinées par mes soins, pour Petites Culottées. J’avais envie d’une histoire authentique avec des motifs qui vous sont propres, que vous ne retrouverez pas ailleurs.

Le mot de la fin – ton message à celles qui ont peur de se jeter à l’eau ?

Les protection hygiénique c’est toujours un sujet hyper délicat. Changer de tampon, essayer une Cup, c’est toujours délicat car on ne gère pas ses flux en tant que femme. Mon conseil c’est d’essayer parce que chaque femme est différente. Et puis vous trouverez bien le produit qui vous convient le mieux pour protéger votre corps, vous sentir femme, éviter les chocs toxiques et que ça soit le plus responsable pour la planète.

Merci Shonnead ! A bientôt !

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